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Grain de beauté dangereux : photos pour reconnaître les signaux d’alerte

Grain de beauté dangereux ? Découvrez en photos comment repérer les signaux suspects avec la règle ABCDE et savoir quand consulter.


Lina BensaProthésiste ongulaire
24 septembre 2026 · 22 min de lecture

On a toutes ce moment devant le miroir où on se fixe sur un grain de beauté en se demandant s’il était vraiment là avant… et si sa forme a changé depuis. Chercher des infos sur les grains de beauté dangereux sur Google à 23h, c’est un réflexe qu’on connaît , et franchement, c’est loin d’être paranoid. Notre peau évolue constamment, et certains signaux méritent vraiment qu’on s’y intéresse. Le mélanome, ce cancer cutané dont on parle de plus en plus, peut se développer discrètement sur un grain de beauté existant ou surgir sur une peau apparemment saine , et le détecter tôt fait une énorme différence. La bonne nouvelle ? Il existe des critères visuels précis et accessibles à toutes pour distinguer un grain de beauté anodin d’un signe qui réclame une consultation chez le dermatologue. On vous guide pas à pas : les signaux d’alerte essentiels, les différents types de cancers cutanés et comment savoir quand il est vraiment temps de décrocher le téléphone. Parce que surveiller sa peau, c’est aussi se respecter , vraiment.

En bref :

  • ● Un grain de beauté dangereux peut évoluer vers un mélanome, le cancer cutané le plus grave, avec un taux de survie à 5 ans supérieur à 95 % lorsqu’il est détecté à un stade précoce.
  • ● La règle ABCDE (Asymétrie, Bords, Couleur, Diamètre, Évolution) est l’outil de référence utilisé par les dermatologues pour identifier un naevus suspect.
  • ● Un diamètre supérieur à 6 mm constitue un signal d’alerte, même si certains mélanomes peuvent être plus petits et passer inaperçus.
  • ● Il existe plusieurs types de cancers cutanés : le mélanome, le carcinome basocellulaire (CBC), le carcinome épidermoïde (SCC) et le carcinome de Merkel, chacun avec ses propres caractéristiques visuelles.
  • ● Les photos de grains de beauté dangereux sont utiles pour sensibiliser et surveiller l’évolution dans le temps, mais elles ne remplacent jamais l’examen clinique d’un dermatologue.
  • ● Les personnes à peau claire, possédant plus de 50 grains de beauté ou ayant des antécédents familiaux de mélanome, présentent un risque significativement plus élevé.
  • ● Un auto-examen mensuel de la peau est recommandé pour surveiller l’évolution des naevus et détecter tout changement préoccupant au plus tôt.

Grain de beauté dangereux : comment identifier un naevus sur une photo ?

On a toutes un grain de beauté quelque part sur le corps , l’épaule, le dos, derrière le genou , qu’on jette un coup d’œil de temps à autre avec un léger doute. Normal, inoffensif, ou à surveiller ? Commençons par les bases avant de s’inquiéter.

Un grain de beauté, qu’on appelle aussi naevus en langage médical, est une petite lésion cutanée bénigne formée par un amas de mélanocytes , les cellules qui produisent le pigment de la peau. Au lieu de se répartir uniformément, ces cellules se regroupent en petits amas, créant ces petites taches colorées qu’on connaît bien. La plupart apparaissent entre l’enfance et le début de l’âge adulte, entre 2 et 20 ans, et leur nombre se stabilise généralement après.

En moyenne, on en compte entre 10 et 40 sur le corps, et la grande majorité sont totalement bénins. Aucune intervention nécessaire, juste un œil attentif de temps en temps. Ce qu’il faut savoir, c’est que environ 20 à 30 % des mélanomes se développent à partir d’un naevus préexistant , les autres surgissent sur une peau qui semblait saine. C’est pour ça qu’on ne peut pas vraiment les ignorer.

L’International Skin Imaging Collaboration (ISIC) est la référence mondiale pour l’imagerie cutanée. Cet organisme compile des bases de données de photos de lésions cutanées, bénignes et malignes, pour améliorer la détection et former les professionnels de santé. Leurs images sont utilisées dans la recherche et le développement d’outils de détection assistée par intelligence artificielle.

CritèreNaevus béninNaevus suspect
ApparenceRonde, ovale, régulièreForme irrégulière, asymétrique
BordsNets, bien définisFlous, dentelés, irréguliers
CouleurUniforme (beige à marron)Plusieurs teintes, zones noires ou rouges
ÉvolutionStable dans le tempsChange de taille, forme ou couleur

💡 Astuce photo : Photographiez régulièrement vos grains de beauté avec votre téléphone en posant un objet de référence à côté (une pièce, par exemple) pour évaluer la taille. Datez chaque cliché et créez un album dédié. Une image vaut mille mots , et peut vraiment faire la différence lors d’une consultation chez le dermatologue.

Infographie grain de beauté dangereux photo : règle ABCDE et signaux d'alerte à connaître

Grain de beauté dangereux en photo : la règle ABCDE décryptée

La règle ABCDE, c’est un peu le couteau suisse de la détection cutanée. Développée par des dermatologues experts, notamment mentionnée par Richard P. Usatine, MD, professeur et spécialiste reconnu en dermatologie clinique, elle permet à n’importe qui , pro ou amateur , d’évaluer rapidement un grain de beauté suspect, qu’il soit directement sur la peau ou sur une photo. Elle est concrète, visuelle et surtout, actionnable. Voyons comment la décrypter lettre par lettre.

A comme Asymétrie : quand la forme devient louche

Imaginez tracer une ligne au milieu de votre grain de beauté. Si les deux moitiés se ressemblent comme un miroir, c’est plutôt rassurant. Un naevus bénin est généralement symétrique, rond ou ovale. En revanche, si une moitié est plus grande, plus bombée ou de forme différente, c’est le premier signal à prendre au sérieux.

Sur une photo, l’asymétrie saute aux yeux : la lésion paraît « déséquilibrée », sans forme clairement définie. Les études montrent que plus de 80 % des mélanomes présentent une asymétrie notable. Ce n’est pas suffisant seul, mais combiné aux autres critères, cela prend tout son sens. Quand votre grain de beauté ressemble davantage à une carte géographique qu’à un cercle propre, c’est le moment de consulter.

B comme Bords irréguliers : des frontières qui flippent

Un naevus bénin a des bords nets et bien définis , comme un tampon appliqué proprement sur la peau. On voit clairement où il commence et où il finit. Un grain de beauté suspect, lui, a des bords qui partent dans tous les sens : dentelés comme une feuille de chêne, flous comme une aquarelle qui s’étale, ou avec de petites excroissances qui semblent « grignoter » la peau autour.

Sur une photo, ces bords irréguliers donnent l’impression que le naevus « déborde » ou n’a pas de contour précis. C’est visuellement assez frappant quand on sait quoi chercher. Des bords mal définis peuvent indiquer que les cellules se développent de façon désorganisée , ce qui est précisément ce qui se passe dans un processus cancéreux. Un bord qui « fuit » ne doit jamais être ignoré.

C comme Couleur : le camaïeu qui inquiète

Un grain de beauté bénin, c’est une couleur uniforme , beige clair, marron moyen, parfois presque noir mais de façon homogène. Ce qui préoccupe les dermatologues, c’est quand plusieurs teintes coexistent dans un même naevus. On parle alors d’hétérogénéité de couleur : des zones brun foncé côtoyant des zones noires, rougeâtres, bleutées ou même blanches (qui peuvent indiquer une régression du tissu).

Ces variations de couleur reflètent des activités différentes des mélanocytes au sein de la lésion , certains produisant plus de pigment que d’autres, signe d’une prolifération cellulaire désorganisée. Sur une photo, ce camaïeu de couleurs est souvent le détail le plus visible et le plus parlant. Les études indiquent que la présence de 3 couleurs ou plus dans un naevus multiplie significativement le risque de mélanome. C’est un signal fort, à ne pas minimiser.

D comme Diamètre : la taille qui alerte

Le seuil classiquement retenu est 6 mm , soit à peu près la taille de la gomme au bout d’un crayon, ou d’un petit pois. Au-delà de cette mesure, le grain de beauté entre dans la zone de vigilance. Pour avoir une idée concrète sur une photo, comparez-le à la largeur d’un ongle de petit doigt, ou posez une règle à côté lors de votre cliché.

Attention : ce critère seul ne suffit pas. Certains mélanomes font moins de 6 mm et sont pourtant agressifs. Les dermatologues utilisent aussi l’épaisseur de Breslow , mesurée en millimètres après biopsie , comme indicateur clé du pronostic : un mélanome de 0,55 mm d’épaisseur a un bien meilleur pronostic qu’un mélanome de 1,3 mm ou plus. La taille en surface n’est donc qu’un premier indice, pas une certitude.

E comme Évolution : le changement, c’est le vrai signal

Beaucoup de spécialistes considèrent l’évolution comme le critère le plus important de tous. Un grain de beauté qui change , de taille, de forme, de couleur , ou qui développe de nouveaux symptômes (saignement spontané, démangeaisons persistantes, croûtes qui reviennent) doit alerter immédiatement. Même si tous les autres critères semblent rassurants.

C’est précisément là que photographier régulièrement ses grains de beauté prend tout son sens. Une photo datée d’il y a six mois permet de comparer objectivement. Un mélanome peut évoluer visiblement en quelques semaines à quelques mois , certains changements significatifs s’observent sur une période de 3 à 6 mois. Si vous constatez une évolution, ne temporisez pas : consultez votre dermatologue sans attendre.

⚠️ Attention : La règle ABCDE est un outil de sensibilisation précieux, mais elle ne remplace en aucun cas un diagnostic médical. Seul un dermatologue, avec un examen clinique et une dermoscopie, peut établir un diagnostic fiable. En cas de doute, consultez , toujours.

Au-delà de l’ABCDE : les autres signaux d’alerte à ne jamais ignorer

La règle ABCDE est incontournable, mais elle ne fait pas tout. Il existe d’autres signaux que la peau peut envoyer, et qu’on aurait tort d’ignorer. Voici ce qui doit vous pousser à décrocher votre téléphone pour prendre rendez-vous.

Le « signe du vilain petit canard » est un concept validé cliniquement, et son nom dit tout. L’idée : sur votre peau, la majorité de vos grains de beauté se ressemblent entre eux , même taille approximative, même couleur, même aspect général. Si l’un d’eux détonne, s’il est clairement différent des autres, plus grand, plus foncé, plus bizarre, c’est lui le « vilain petit canard ». Ce naevus qui ne ressemble pas aux autres mérite une attention particulière, même s’il ne coche pas tous les critères ABCDE. Des études montrent que ce signe permet de détecter jusqu’à 90 % des mélanomes qui auraient pu être manqués par la règle ABCDE seule.

D’autres signaux doivent aussi vous alerter :

  • Un grain de beauté qui saigne spontanément, sans frottement ni traumatisme , c’est anormal et nécessite une consultation rapide.
  • Un naevus qui gratte, brûle ou démange de façon persistante, sans raison apparente.
  • Une plaie ou une tache rouge qui ne cicatrise pas après 3 à 4 semaines , cela peut évoquer un carcinome basocellulaire ou épidermoïde.
  • Un grain de beauté qui change de texture ou de relief : il devient surélevé, nodulaire, ou au contraire s’affaisse et forme une croûte.
  • Un naevus qui suinte ou forme une surface humide sans raison identifiable.

On parle aussi de naevus dysplasique (ou atypique) : ce sont des grains de beauté qui présentent certaines caractéristiques suspectes sans être forcément malins. Ils sont plus grands que la moyenne (souvent plus de 5 mm), ont des bords irréguliers et une couleur hétérogène. Environ 2 à 8 % de la population présente des naevus dysplasiques, et leur présence en nombre augmente le risque de mélanome.

💬 Conseil : Photographiez tout grain de beauté qui vous semble suspect , en bonne lumière, de près, avec une règle ou une pièce de monnaie pour l’échelle. Créez un dossier photo daté sur votre téléphone. Lors de votre consultation, ces images permettront au dermatologue d’évaluer l’évolution dans le temps, ce qui est souvent aussi précieux que l’examen du jour même.

Mélanome, carcinome basocellulaire, SCC : reconnaître chaque type en photo

Tous les cancers de la peau ne se ressemblent pas , et savoir reconnaître visuellement chaque type, que ce soit en photo ou sur sa propre peau, c’est une information qui peut vraiment changer la donne. Voici les principaux.

Le mélanome est le plus redouté. Il se développe à partir des mélanocytes et peut apparaître sur un grain de beauté existant ou sur une zone de peau apparemment saine. Visuellement, il est souvent pigmenté, avec des variations de couleur marquées (brun, noir, parfois rosé ou dépigmenté). Il peut avoir un aspect en « tache d’encre » irrégulière. Son taux de survie à 5 ans dépasse 95 % si détecté tôt, mais chute drastiquement en cas de métastases. Il représente environ 10 % des cancers cutanés mais cause la majorité des décès liés à la peau.

Le carcinome basocellulaire (CBC) est de loin le plus fréquent : il représente environ 80 % des cancers cutanés. Sa croissance est lente, il métastase rarement, mais il peut être localement destructeur s’il n’est pas traité. Visuellement, il se présente souvent comme une petite perle nacrée ou translucide, parfois avec de petits vaisseaux sanguins visibles en surface, ou comme une plaque rosée légèrement surélevée. Il apparaît souvent sur le visage, le nez, les oreilles , des zones exposées au soleil.

Le carcinome épidermoïde (SCC) est plus agressif que le CBC, avec un risque de métastases plus élevé. Il peut ressembler à une plaie qui refuse de cicatriser, à une croûte persistante, ou à une lésion rouge et squameuse. Il se développe souvent sur des kératoses actiniques , des lésions précancéreuses rugueuses et rosées, fréquentes chez les personnes très exposées au soleil. Son taux de survie à 5 ans est d’environ 95 % localisé, mais baisse significativement en cas de diffusion.

Le carcinome de Merkel (MCC) est rare mais particulièrement agressif. Il se présente typiquement comme un nodule ferme, de couleur chair ou rougeâtre/violacée, à croissance rapide. Il touche souvent les personnes âgées ou immunodéprimées.

L’International Skin Imaging Collaboration (ISIC) met à disposition une base de données de référence regroupant des milliers d’images de lésions cutanées classifiées, utilisée par les chercheurs et les cliniciens du monde entier pour améliorer la détection et l’information.

CritèreMélanomeCarcinome basocellulaireCarcinome épidermoïde
Fréquence~10 % des cancers cutanés~80 % des cancers cutanés~10-15 %
ApparenceTache pigmentée, multicolore, asymétriquePerle nacrée, translucide, roséePlaie croûteuse, lésion squameuse rouge
Localisation fréquenteDos, jambes, visageVisage, nez, oreillesMains, visage, lèvres
Niveau de dangerTrès élevé (risque métastatique)Modéré (rarement métastatique)Élevé (métastases possibles)

Grain de beauté dangereux photo : ce que la couleur de peau change à la détection

On parle beaucoup de grains de beauté dangereux, de photos, de règle ABCDE , mais presque toujours en pensant implicitement à des peaux claires. Et c’est une vraie lacune qu’il faut éclairer.

Sur les peaux foncées ou métissées, les signaux visuels classiques du mélanome , rougeur, variation de couleur entre brun et rose , sont beaucoup moins visibles, voire indétectables à l’œil nu. La pigmentation naturelle de la peau « masque » certains changements qui alerteraient immédiatement sur une peau claire. Résultat : le diagnostic est souvent posé plus tard, à un stade plus avancé.

Autre particularité importante : sur les peaux pigmentées, le mélanome se développe fréquemment sur des zones peu ou pas exposées au soleil , les plantes des pieds, les paumes des mains, sous les ongles (on parle alors de mélanome acral lentigineux). Ces localisations sont souvent négligées lors des auto-examens. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est essentiel de connaître aussi les signes du mélanome sous l’ongle, une forme qui touche de façon disproportionnée les personnes à peau foncée.

Les chiffres sont éloquents : les personnes noires diagnostiquées avec un mélanome ont un taux de survie à 5 ans d’environ 67 %, contre 92 % pour les personnes blanches , un écart qui s’explique en grande partie par un diagnostic tardif, pas par une biologie différente.

L’International Skin Imaging Collaboration (ISIC) travaille activement à diversifier ses bases de données d’images pour inclure davantage de lésions sur peaux pigmentées, afin d’améliorer la détection et la formation des professionnels de santé à l’échelle internationale.

⚠️ Attention : Les outils d’intelligence artificielle utilisés en dermatologie ont été entraînés majoritairement sur des images de peaux claires. Leur fiabilité sur les peaux foncées est donc significativement moindre. Si vous avez une peau pigmentée, l’examen par un dermatologue humain est encore plus indispensable , ne faites pas confiance à une appli seule.

Facteurs de risque, auto-examen et consultation : votre plan d’action concret

Les facteurs de risque du cancer de la peau à connaître

Tout le monde n’est pas égal face au mélanome. Certains profils cumulent davantage de facteurs de risque, et les connaître permet d’adapter sa vigilance. Voici les principaux :

  • 🔆 Phototype I-II : peau très claire, cheveux roux ou blonds, yeux clairs , le risque est nettement plus élevé.
  • 🔢 Plus de 50 grains de beauté sur le corps : au-delà de ce seuil, le risque augmente significativement.
  • 👨‍👩‍👧 Antécédents familiaux : le risque est multiplié par 2 si un parent au premier degré a eu un mélanome. Environ 15 % des mélanomes ont une composante héréditaire identifiée.
  • ☀️ Expositions UV répétées : soleil intensif non protégé, cabines de bronzage , les UV sont le facteur environnemental principal.
  • 🌡️ Coups de soleil dans l’enfance : même un seul épisode sévère avant 18 ans augmente le risque à l’âge adulte.
  • 💊 Système immunitaire affaibli : immunodépression (traitement, maladie) réduit la capacité de l’organisme à éliminer les cellules anormales.
  • 🧬 Naevus dysplasiques en nombre : leur présence multiple est un marqueur de risque reconnu.

Comment faire un auto-examen de la peau efficace

Un auto-examen mensuel, ça prend dix minutes et ça peut vraiment faire la différence. Voici comment procéder de façon méthodique :

  1. Choisissez une bonne lumière , lumière naturelle ou lampe puissante, pas la lumière jaune de la salle de bain.
  2. Utilisez un miroir en pied pour examiner l’ensemble du corps, et un miroir à main pour les zones difficiles d’accès (cuir chevelu, nuque, arrière des oreilles).
  3. Ne négligez aucune zone : cuir chevelu (utilisez un peigne ou demandez de l’aide), entre les orteils, plantes des pieds, paumes, ongles, dos, fesses.
  4. Photographiez tout naevus suspect avec votre smartphone , en bonne lumière, de près, avec une pièce de monnaie pour l’échelle. Datez chaque photo.
  5. Créez un album photo dédié ou utilisez une application de suivi dermatologique pour comparer les clichés dans le temps.

Cette pratique régulière transforme votre téléphone en véritable outil de surveillance , et les photos datées sont une information précieuse à apporter lors d’une consultation. L’auto-examen ne remplace pas le dermatologue, mais il permet de détecter les évolutions entre deux rendez-vous.

Quand consulter un dermatologue sans attendre

Certaines situations ne se discutent pas , elles nécessitent une consultation rapide, sans attendre le prochain rendez-vous de routine :

  • Tout critère ABCDE présent : asymétrie, bords irréguliers, couleur hétérogène, diamètre supérieur à 6 mm, évolution récente.
  • Un grain de beauté qui saigne spontanément, gratte de façon persistante ou suinte.
  • Un naevus qui évolue rapidement en quelques semaines.
  • Le « signe du vilain petit canard » , un grain de beauté qui détonne clairement par rapport aux autres.

Pour les personnes à risque, une consultation annuelle chez le dermatologue est recommandée. Le médecin dispose de la dermoscopie , un examen non invasif qui permet d’observer les structures sous-cutanées à l’aide d’un dermatoscope , pour affiner l’analyse bien au-delà de ce que l’œil nu peut percevoir. Rappelons-le : une détection précoce du mélanome permet un taux de survie à 5 ans supérieur à 95 %.

💬 Conseil consultation : Préparez vos photos datées avant votre rendez-vous. Notez les grains de beauté qui vous inquiètent et les changements observés. Mentionnez vos antécédents familiaux et votre exposition au soleil. Ces informations aideront votre dermatologue à établir un diagnostic précis et à adapter votre suivi.

Questions fréquentes sur les grains de beauté dangereux

Comment savoir si un grain de beauté est dangereux grâce à une photo ?

Une photo de grain de beauté peut servir de premier repère visuel, à condition de savoir quoi regarder. La règle ABCDE est votre meilleure alliée : Asymétrie, Bords irréguliers, Couleur hétérogène, Diamètre supérieur à 6 mm, et Évolution dans le temps. Sur une photo nette, prise en bonne lumière, ces critères deviennent plus faciles à évaluer. Comparer des clichés à plusieurs mois d’intervalle permet de repérer une évolution inquiétante. Mais attention : une photo ne remplace jamais l’œil d’un dermatologue et ses outils de dermatoscopie. Elle reste un outil d’alerte, pas de diagnostic.

Un grain de beauté noir est-il forcément dangereux ?

Non, un grain de beauté noir n’est pas automatiquement dangereux. De nombreux nævus bénins présentent une teinte très foncée, voire noire, sans aucun caractère malin. Ce qui doit alerter, c’est moins la couleur en elle-même que son hétérogénéité : un grain de beauté qui mélange plusieurs nuances , noir, brun, rouge, blanc ou bleu , mérite une attention particulière. Un nævus uniformément noir, régulier, aux bords nets et stable dans le temps est généralement sans danger. En revanche, toute apparition soudaine de zones plus sombres ou de nouvelles couleurs justifie une consultation rapide chez un dermatologue.

En combien de temps un mélanome peut-il évoluer ?

La vitesse d’évolution d’un mélanome est très variable. Certaines formes, comme le mélanome superficiel extensif (le plus fréquent), peuvent évoluer lentement sur plusieurs années avant d’entrer en phase invasive. D’autres, comme le mélanome nodulaire, peuvent progresser en quelques semaines seulement et devenir rapidement dangereux. C’est précisément pourquoi la surveillance régulière est essentielle : photographier ses grains de beauté tous les trois à six mois permet de détecter des changements imperceptibles à l’œil nu sur le moment. Toute modification visible en moins de quelques semaines , taille, couleur, relief , doit conduire à une consultation sans délai.

Peut-on utiliser une application mobile pour détecter un grain de beauté dangereux en photo ?

Des applications d’analyse de grains de beauté existent, comme SkinVision ou d’autres outils basés sur l’intelligence artificielle. Elles peuvent constituer un premier filtre utile pour repérer des lésions suspectes. Cependant, leurs performances restent inégales selon les études, et aucune n’atteint la fiabilité d’un examen dermatologique avec dermatoscope. Ces outils ne doivent surtout pas retarder une consultation médicale si un doute existe. Considérez-les comme un signal d’alerte supplémentaire, jamais comme un verdict définitif. En France, le dépistage par un dermatologue reste la référence absolue pour tout grain de beauté suspect.

Quelle est la différence entre un mélanome et un carcinome basocellulaire ?

Ce sont deux cancers cutanés distincts, tant par leur origine que par leur dangerosité. Le mélanome se développe à partir des mélanocytes (cellules pigmentaires) et est le plus agressif : il peut métastaser rapidement. Le carcinome basocellulaire, lui, naît des cellules basales de l’épiderme. C’est le cancer de la peau le plus fréquent, mais aussi le moins agressif : il s’étend localement, très rarement à distance. Visuellement, le carcinome basocellulaire ressemble souvent à une petite perle translucide ou une plaie qui ne cicatrise pas, tandis que le mélanome présente une pigmentation irrégulière. Les deux nécessitent une prise en charge médicale.

Grain de beauté suspect : par où commencer concrètement ce soir

On y est. Après avoir passé en revue les photos, les critères ABCDE, les différents types de cancers cutanés et les signaux qui doivent faire tiquer, une chose est claire : surveiller sa peau, c’est prendre soin de soi , et ce n’est pas une contrainte, c’est un réflexe qui peut tout changer.

La règle ABCDE reste votre boussole au quotidien. Asymétrie, Bords, Couleur, Diamètre, Évolution : cinq lettres à garder en tête comme un petit mantra de prévention. Et les photos dans tout ça ? Elles sont un outil de sensibilisation et de suivi, pas un outil de diagnostic. Consulter des photos de grains de beauté dangereux en ligne peut aider à comprendre à quoi ressemble une lésion suspecte , mais seul un dermatologue, dermatoscope en main, peut trancher.

Le chiffre qui change tout : lorsqu’un mélanome est détecté à un stade précoce, le taux de survie à cinq ans dépasse 95 %. À un stade avancé, il chute drastiquement. Chaque mois compte. Les experts recommandent un auto-examen cutané une fois par mois et une visite chez le dermatologue au moins une fois par an , plus souvent si vous avez des antécédents familiaux ou une peau claire.

Alors voilà l’action concrète du soir : prenez cinq minutes, installez-vous devant un grand miroir (avec un miroir à main pour le dos), et observez vos grains de beauté. Si l’un d’eux vous inquiète, photographiez-le avec votre téléphone , date incluse , et prenez rendez-vous chez un dermatologue. Pas demain. Ce soir, vous posez le rendez-vous.

On mérite toutes de prendre soin de notre peau. 🌿

L’autrice

Lina Bensa

Fondatrice de Nail Time. Prothésiste ongulaire et make-up artist, elle décortique la beauté sans filtre et sans complexe, comme une copine qui s’y connaît vraiment.